Profil de Jean-Pierre CHEVENEMENT

Jean-Pierre CHEVENEMENT a sûrement dû être traité de tous les noms, mais une chose que même ses pires ennemis ne peuvent pas dire, c'est qu'il n'est pas un homme de principe. 

Durant 20 ans en tant que ministre, il a fait de la démission une forme d'expression, réalisées à trois reprises car il ne pouvait pas supporter les compromis du gouvernement.

Comme il le déclara en 1983 :"Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissione".

Pour ses fidèles, le grisonnant homme de 72 ans, toujours avec sa cravate bien mise et plus connu sous le surnom "Le Che", est un des rares hommes politiques assez courageux à avoir trouvé sa ligne politique et à s'y tenir.

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Entre amour et haine

Ce sont les principes républicains qui forment son crédo : la nation, laïcité, la solidarité entre les citoyens, la loi et l'ordre.

Et voici les choses que le "Che" déteste : le capitalisme américain, le multiculturalisme, la dévolution. En d'autres termes, Jean-pierre Chevènement un mélange particulier de valeurs françaises reflétant à la fois l'héritage historique outrecuidant de l'État nation et la France des lumières.

Pour ses amis, il combine le meilleur du nationalisme et du socialisme. Les libéraux disent de lui qu'il pourrait se nommer lui même National socialiste et que cela lui suffirait.

Démissions en série

Né en 1939 dans la ville de Belfort, dont il est aujourd'hui le maire, il entra en politique dans les années 60'.

Quand François Mitterrand fonda le Parti Socialiste en 1971, le clan Chevenement formait alors son aile droite.

En 1981, il rejoigna le premier gouvernement de Mitterrand, mais deux ans plus tard il déclara sa première démission à cause d'une dérive économique droitière du gouvernement en place.

En 1991 il fut ministre de la défense et démissionna à nouveau à cause de la participation de la France dans la guerre du Golf.

"Les Français n'attendent pas de leur ministre de la défense de jouer les rambos".

Deux années plus tard, il quitte les Socialistes et crée son propre parti : le "Mouvement Des Citoyens". Sa dernière démission date de 2000.

En tant que Ministre de l'intérieur, il s'opposa au Premier Ministre de l'époque Lionel Jospin qui prévoyait de transmettre des pouvoirs d'autonomie gouvernementale à la Corse, et démissionna pour continuer le combat en coulisse.

Alternative au duopole

C'est dans un élan d'énergie et d'optimisme que la candidature de Mr Chevenement à l'élection présidentielle de 2002 démarra.

Le caractère tranché et distinctif de ses idées lui ont donné une marque politique claire et transparente. Ce qui lui permetta de gagner de nombreux de nombreuses adhésions.

Le fait d'avoir frôlé la mort en 1998 lors d'une opération de chirurgie courante, puis d'avoir combattu pour son retour en politique, lui ont certainement assuré de la sympathie.

Avec beaucoup de mécontents du duo Jospin-Chirac, Mr Chevenement était devenu alors un probable troisième homme.

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